MON PETIT GRAND FRÈRE

MON PETIT GRAND FRÈRE

Écrit et interprété par Miguel-Ange Sarmiento

Mise en scène de Rémi Cotta

Création lumières de Jacques Boüault

Cette pièce sera jouée au
Théâtre de l’Archipel  
17 Boulevard de Strasbourg 75010 Paris
dès Octobre 2021


À propos de la pièce

« Parler de ses peines, c’est déjà se consoler. »
Albert Camus

Toute ma vie, j’ai tenté de ne pas me noyer dans le chagrin de mes parents.

Jusqu’à ce Noël 2019 où j’ai trouvé le courage de leur demander de me raconter le 9 mars 1971. Leur 9 mars 1971.

Chacun son tour, puis ensemble, ils m’ont livré le récit qu’ils gardaient enfoui en eux depuis ce jour, de peur de raviver leurs plaies mutuelles. Cinquante ans d’une mort-vie commune devant mes yeux embués d’enfant, d’adolescent puis d’adulte, sans jamais évoquer les mots échangés ce jour-là au bord du bassin.

Cinquante ans à douter de la thèse de l’accident. Cinquante ans de silence et aujourd’hui, enfin, le temps des questions et de la reconstruction.

Dans ce texte intime, Miguel-Ange Sarmiento fait le récit de la tragédie d’une famille survivante à travers les yeux d’un enfant. À deux ans, lorsque l’on n’a pas les mots pour comprendre ni pour exprimer ce que l’on ressent face à l’indicible, comment grandit-on ? Entre paroles et silences, Miguel-Ange rassemble les briques d’un chaos et prend voix. Une écriture sensible sur notre résilience face au chagrin.

Ce que j'en ai pensé : comment mettre des mots sur l'indicible ? L'auteur et interprète, Miguel-Ange Sarmiento, y arrive brillamment dans MON PETIT GRAND FRÈRE. On le sait et on le sent dès le début, cette pièce ne sera pas drôle. La perte d'un enfant peut difficilement se décrire tant la puissance de la douleur est écrasante et les effets sur les autres enfants de la fratrie sont dévastateurs. Et en tant que spectateurs, rien ne peut nous préparer à ressentir le ressac de la vague émotionnelle que Miguel-Ange Sarmiento projette lorsqu'il nous raconte, dans des allers-retours entre une enfance meurtrie par une disparition au retentissement assourdissant et une vie d'adulte hantée par le fantôme du regret, le manque, la solitude, la peine et le froid des sentiments à jamais éteints par le choc. 

Son magnifique texte construit peu à peu une intensité d'une force imposante, place le contexte au passé et au présent pour nous faire comprendre les impacts affectifs sur ses parents et sur lui-même et règle des comptes dans une colère compréhensible qui trouve racine dans l'insupportable. 

Son jeu laisse transparaître le vécu brut et entier des faits. Il fait vivre sur scène cet enfant qui vibre toujours en lui, arrêté sur un instant, bloqué à jamais dans une ombre dramatique dont il ne peut se défaire parce qu'il n'y a pas de solution. La sensibilité de son interprétation apporte un juste équilibre entre une charge émotionnelle impressionnante et des instants un peu plus légers malgré tout.



Copyright photos © Eve Pinel

La mise en scène de Rémi Cotta offre une simplicité efficace et bienvenue. Elle est présente sans pour autant nous détourner des mots et des silences qui en disent long. Avec quelques objets, elle place le décor, laissant notre imagination faire le reste. Elle se concentre sur l'artiste, seul en scène, et l'accompagne pour lui permettre d'illustrer son message. 

La musique tient une place importante dans cette pièce. Elle est le reflet d'une époque. Mais les choix musicaux ont ici un sens précis, car les paroles des chansons viennent compléter les scènes. Visuellement, la création lumières de Jacques Boüault habille les instants pour resserrer encore plus l'émotion ou pour nous faire ressentir l'ambiance d'un lieu évoqué ou l'émoi d'un état d'âme.

MON PETIT GRAND FRÈRE est une pièce d'une grande beauté, superbement interprétée, qui transmet une tristesse infinie. Il ne faudra donc pas vous étonner si, à la place d'un sourire sur vos lèvres, ce sont des larmes que vous sentirez rouler sur vos joues lorsqu'elle se terminera. Poignante et captivante, elle vous entraînera dans un récit très intimiste qui fera écho, de façon universelle, à votre vécu. 

À propos de l'auteur/interprète et du metteur en scène

MIGUEL-ANGE SARMIENTO
auteur et interprète


« Tu seras artiste, mon fils. Ou tu ne seras pas. »

Ces mots extraits de « Mon Petit Grand Frère » annoncent l’incontournable destin du petit Michel Sarmiento de Rians qui très tôt s’est mis à chanter pour couvrir les pleurs de sa mère et les silences de son père.

Il trouve son salut dans la carrière professionnelle de chanteur-comédien qu’il entreprend à Paris il y a plus de trente ans.

C’est le micro à la main qu’il ne cessera de prendre la parole pour se faire entendre dans les entrelacs de la chanson populaire, salvatrice pour lui.

C’est dans le spectacle vivant que Miguel-Ange Sarmiento renaîtra pour entendre battre son pouls au rythme des paroles de David Noir, Matéi Visniec, Alain Didier-Weill...

Enfin, en radio, il recueille les mots de vies fragiles et abimées dans l’émission qu’il anime « On n’oublie rien, on s’habitue ». Cette écoute sensible et empathique est un prélude à son propre travail d’écriture qu’il livre aujourd’hui.

Ainsi, avec des mots tout droit surgis de son enfance, il se fait auteur cathartique pour libérer enfin les fantômes de son passé.

REMI COTTA
metteur en scène


Je connais bien Miguel-Ange, depuis presque 20 ans que nous partageons les planches. L’ami, le comédien, mais aussi sa famille et son histoire. Le mettre en scène sur son texte est la plus belle aventure qui peut nous arriver. Derrière ce texte qui retrace son enfance, c’est l’adulte d’aujourd’hui qui s’exprime, porté par ses fantômes et ses idoles, mû d’une furieuse envie d’en découdre avec le destin. C’est l’homme conscient que nous montrons sans superflu.

Plasticien, comédien, chanteur et metteur en scène, Rémi Cotta collabore souvent avec Miguel-Ange Sarmiento au sein de M-A.S. Productions.

Il signe plusieurs mises en scène : "La Petite Boutique du Bonheur", "Théo, Prince des Pierres"... Il met en scène Miguel-Ange dans "Tres" sur les scènes parisiennes ainsi qu’au Festival d'Avignon et à l’étranger.

De 2010 à 2018, il produit et réalise avec Miguel-Ange "Le Carolina Show", le "Happy Show de Carolina", "Carolina, Naissance d'une étoile" à Paris et en province.

Dernièrement, c’est dans une version bilingue franco-espagnole de "Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins" de Matéi Visniec (Théâtre de la Contrescarpe, Paris) que Rémi Cotta dirige Miguel-Ange seul en scène.

Leur collaboration autour de « Mon Petit Grand Frère » semble une évidence tant leur relation professionnelle est teintée d’une douce fraternité.

Création M-A.S. PRODUCTIONS 2021
Avec le soutien de LES SOUFFLEURS DE SENS et LE LOCAL